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Femmes et logement - Le CÉAF lève le voile sur une violence encore taboue

Photo: CÉAF, 16 avril 2014

Depuis plus de 40 ans, le Centre d’éducation et d’action des femmes (CÉAF) œuvre auprès des femmes du quartier Centre-Sud de Montréal. Depuis le début de son histoire, le centre milite activement contre les différentes formes de violence et les multiples oppressions vécues par les femmes.

Le 16 avril, les militantes organisaient une assemblée publique sur les femmes et le logement. Cette activité avait comme objectif de lever le voile sur l’une des violences vécues par les femmes qui demeure très taboue : le harcèlement, les agressions sexuelles et les viols commis par les propriétaires, chambreurs et concierges. L’assemblée a aussi permis à d’autres femmes qui vivent des discriminations (femmes âgées, femmes vivant avec un handicap, femmes monoparentales…) de partager leurs vécus et leurs expériences.

« Mon proprio a pris son passe-partout, il est entré chez moi, c’était un dimanche matin, il a violé tout ce que j’avais de plus intime : ma vie, mon corps et mes murs de sécurité. Je n’arrive plus à retrouver la paix intérieure et à me sentir en sécurité. Ce jour-là une grande partie de moi est morte. J’ai constamment peur », déclare Chantal.

En plus de Chantal, les militantes ont rencontré une quarantaine de femmes qui ont témoigné de leur histoire. Toutes vivaient les mêmes sentiments : la honte, la peur de ne pas être crues, la culpabilité, la peur de perdre leur logement… Nous refusons que ces femmes marquées par leur histoire baissent les bras et se culpabilisent. Le problème ce n’est pas elles, mais les agresseurs et la société qui banalisent ces situations. « Aujourd’hui, nous tendons la main à ces femmes, et nous levons le poing très haut. Nous faisons la promesse de porter leurs voix sur la place publique, nous disons non à toutes formes de harcèlement, d’agressions et de violences et nous briserons les tabous », lance Linda Borgia, militante du CÉAF.

L’article de loi 1974.1 du Code civil permet aux femmes qui ont été victimes de violence conjugale ou d’agression sexuelle de mettre fin à leur bail, mais très peu de femmes le connaissent.

« Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant que toutes les femmes puissent vivre libres et délivrées de toutes formes de violence. Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras. Nous mènerons la lutte jusqu’à la victoire. Nous la mènerons pour nous, pour toutes les femmes qui vivent dans la peur et l’angoisse, mais aussi pour les générations à venir! », déclare Julie Leblanc, travailleuse au CÉAF.

Source : CÉAF, 17.04.2014

Page reliée : Violence sexuelle des propriétaires - Une situation taboue, plus répandue qu’on le croit, Le Devoir, 17.04.2014