Les électrochocs, cela nous interpelle et nous questionne!
Le communautaire, on n'a pas les moyens de s'en passer!

Électrochocs - Nous voulons des réponses!

Allocution de la Table des groupes de femmes de Montréal et du Réseau d'action des femmes en santé et services sociaux dans le cadre du 10e rassemblement d'opposition aux électrochocs organisé par le Comité Pare-Chocs.

La Table des groupes de femmes de Montréal est un organisme régional féministe regroupant une cinquantaine de groupes. Sa mission est de promouvoir et de défendre les intérêts et les droits des femmes.

Le Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux est un regroupement régional de groupes de femmes qui oeuvre en santé et services sociaux, notamment en matière de violence envers les femmes.

Nous sommes ici en solidarité avec le comité Pare-Chocs, pour dénoncer le fait qu’en 2016, on utilise encore les électrochocs dans les hôpitaux du Québec.

Selon les chiffres obtenus, à Montréal en 2015, on a administré 2 981 électrochocs. Si nous considérons que plus de 60 % des électrochocs sont administrés à des femmes, cela veut dire que des Montréalaises ont subi plus de 1 788 électrochocs. À travers le Québec des femmes ont reçu 6 517 électrochocs.

Aujourd’hui, nous nous adressons, avec d'autres groupes régionaux et nationaux de groupes de femmes, au ministre de la Santé M. Gaétan Barrette et à la ministre responsable de la Condition féminine Lise Thériault. Jusqu'à présent il y a des tables de groupes de femmes en provenance de l'Estrie, du Bas-St-Laurent, des Laurentides, du Saguenay Lac-St-Jean ainsi que la Fédération des femmes du Québec. D'autres régions devraient interpeller les ministres en début de semaine car nous voulons avoir des réponses à nos questions :

Comment peut-on encore justifier l’utilisation d’une pratique dont l’efficacité est toujours controversée dans le milieu scientifique et dont on ignore toujours le mode d’action? En d’autres mots, on ne sait pas comment agissent les électrochocs pour obtenir de soi-disant résultats.

Pourquoi près des deux tiers sont-ils administrés à des femmes?

Pourquoi les femmes âgées de 65 ans et plus sont-elles plus susceptibles de subir cette intervention?

Comment s'assure-t-on que les personnes qui reçoivent ce traitement ont bel et bien donné leur consentement libre et éclairé?

Pourquoi sont-ils en augmentation sachant qu’ils peuvent causer des dommages cognitifs et des problèmes de mémoire?

Nous voulons des réponses à nos questions, Monsieur Barrette et Madame Thériault.

Dans notre société où différentes formes d’oppression subsistent toujours, les conditions sociales et économiques des femmes aggravent les problèmes de santé.

Rien ne nous confirme que les électrochocs puissent améliorer les conditions de vie des femmes.

Certaines femmes doivent faire face à des barrières supplémentaires liées aux discriminations en fonction de leur origine, leur orientation sexuelle, leur revenu, leur santé ou leur condition physique.

Ce sont les systèmes d’oppression de nos sociétés qui ont besoin d’un traitement choc, pas les femmes!

Manif