Oser faire ce qu'on aime
Des politiciennes et des hommes

Tant qu’il le faudra!

Le Collectif 8 mars. Agence : UPPERKUT. Direction artistique et design graphique : Noémie Darveau

Il faut le souligner : cela faisait bien longtemps que les médias n'avaient pas autant couvert les raisons d'être du 8 mars. Il est remarquable aussi que ceux-ci aient enfin consenti à appeler cette journée par son vrai nom : la Journée internationale (des droits) des femmes!

Cette couverture est due, de manière flagrante, aux campagnes contre le harcèlement et les violences faites aux femmes soulevées un peu partout dans le monde dans le sillage du mouvement #MoiAussi. Bien sûr l'attention médiatique tient en grande partie à l'aspect "glamour" des dénonciatrices initiales et des abuseurs, mais cela a donné une vitrine, un micro (et parfois même un peu d'argent!), aux femmes et aux groupes qui dénoncent depuis des années et partout dans le monde, cet état de fait. Tant mieux si l'actualité nous donne enfin la visibilité que nous méritons et oblige les gouvernements et autres institutions patriarcales à se questionner sur les politiques sexistes et les abus qu'ils initient ou laissent perdurer. Il reste à s'assurer que ce changement constitue plus qu'une reconnaissance symbolique et passagère, un petit bouquet de fleurs pour "calmer les féministes", et qu'il soit un pas vers un réel changement social!

Ce qui est appréciable aussi est que le discours féminin entendu ces derniers mois n'en est pas un de victimisation qui réduit rapidement les victimes au silence, voire à la honte, mais de prise en main de l'avenir, de solidarité entre les femmes, de lutte pour l'égalité, le respect et l'équité. Il s'agit aussi d'un discours renouvelé tant dans la terminologie que dans les moyens de diffusion et qui favorise largement l'engagement des jeunes femmes et la reconnaissance de la diversité.

Ce message, porté solidairement, est aussi remarquable par son appropriation tant par les femmes de Turquie ou d'Iran, des États-Unis, d'Espagne ou de France, d'Inde, du Québec ou encore du Sénégal! Et pour paraphraser Benoîte Groult : Nous serons féministes tant qu'il restera une seule femme discriminée sur terre... Tant qu'il le faudra!