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Libérons nos corps, disons non aux électrochocs

À l’occasion de la Fête des Mères, un rassemblement avait lieu le 9 mai à Montréal pour demander l’abolition des électrochocs en psychiatrie. Les deux tiers des électrochocs sont donnés à des femmes. Selon des données obtenues par le comité Pare-chocs, 50% des électrochocs seraient donnés à des femmes de 50 ans et plus, 41% à des personnes âgées de 65 ans et plus, et près de 10 % seraient administrés à des femmes de 80 ans et plus. Selon une étude récente, les électrochocs causeraient plus de dommages chez les femmes et les personnes âgées. Le nombre de séances d’électrochocs avait doublé au Québec entre 1988 et 2003. Aujourd’hui, on les compte toujours par milliers. S’il n’est pas immédiatement aboli, ce traitement doit être placé sous haute surveillance et faire l’objet d’un débat public.

De la 6e à la 23e minute de la vidéo du rassemblement ci-dessus, il y a un exposé éclairant sur la question. Ci-dessous, le texte et l'extrait vidéo de l'allocution de la TGFM et du RAFSSS à l’occasion de ce 9e rassemblement annuel.

La Table est un organisme régional féministe regroupant près de 50 groupes-membres et dont la mission est de promouvoir et de défendre les intérêts et les droits des femmes notamment via nos comités dont celui d'action politique en santé et services sociaux.

Le Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux est un regroupement régional de groupes de femmes qui oeuvre en santé et services sociaux, notamment en matière de violence envers les femmes.

Nous sommes aujourd’hui ici, en solidarité avec le comité Pare-Chocs, pour dénoncer le fait qu’en 2015, on utilise encore les électrochocs dans les hôpitaux du Québec. À Montréal en 2013, on a administré autour de 1900 électrochocs.

Nous sommes ici avec vous aujourd’hui, mobilisées par cette lutte pour l’intégrité, la dignité et les droits des femmes.

Nous sommes mobilisées par la Marche mondiale des femmes, ce mouvement international qui est à sa 4e action mondiale.

Dans tout le Québec, comme ailleurs dans le monde, les femmes lancent un cri du coeur : “Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires!”

Oui, nous voulons la liberté, l’égalité, la paix, la solidarité et la justice.
C’est pourquoi nous sommes mobilisées par la lutte pour que cessent les électrochocs.

LIBÉRONS NOS CORPS!

Les données du Comité Pare-Chocs sont parlantes, deux tiers des électrochocs sont données à des femmes, majoritairement à des femmes âgées.

Les différentes formes d’oppression qui subsistent toujours dans notre société ont un grand impact sur la santé physique, psychologique et spirituelle des femmes. Les conditions de vie et la violence vécue par les femmes constituent des facteurs susceptibles d’aggraver les problèmes de santé mentale. Certaines femmes doivent faire face à des barrières supplémentaires liées aux discriminations en fonction de leur origine, leur orientation sexuelle, leur revenu ou leur limitation fonctionnelle.

Ce n’est surtout pas l’administration d’électrochocs qui contribuera à l’amélioration des conditions de vie des femmes!

Les problèmes que vivent les femmes ont des causes sociales et c’est sur ces causes que l’on doit agir!
Disons non au déni de la souffrance et des problèmes sociaux vécus par les femmes!
Disons non à cette forme de violence systémique camouflée sous le guise d’une intervention médicale!
Disons non aux violences envers les femmes… parce que, OUI, les électrochocs sont considérés comme une forme de violence envers les femmes!

LIBÉRONS NOS CORPS!

Nous voulons des explications!

Comment se fait-il que cette technique est encore utilisée au Québec aujourd’hui?
Pourquoi les deux tiers sont-ils administrés à des femmes?
Pourquoi les femmes âgées de 65 ans et plus sont-elles plus susceptibles de subir cette intervention?
La question des électrochocs, c’est une question de santé publique dont l’enjeu concerne toutes les Québécoises et tous les Québécois.
Nous exigeons l’abolition! Il faut minimalement que cette pratique soit mise sous haute surveillance et fasse l’objet d’un débat public.

LIBÉRONS NOS CORPS!

La société doit offrir des alternatives aux électrochocs afin que les femmes puissent faire des choix libres et éclairés.

La société doit également préserver ses programmes sociaux qui donnent accès à une plus grande égalité et justice sociale pour les femmes.

Disons non aux compressions en santé et services sociaux
Disons non aux mesures d’austérité actuelles et annoncées
Disons non aux mesures économiques, sociales et culturelles qui mettent au centre le capital et les profits et déshumanisent notre société.

Ce sont les systèmes d’oppressions de nos sociétés qui ont besoin d’un traitement choc, pas les femmes.

Libérons nos corps, disons non aux électrochocs.

Pages reliées :
Voir des photos du rassemblement
Les électrochocs décriés lors d'un rassemblement à Montréal, La Presse Canadienne, 09.05.2015
Les électrochocs en forte hausse dans le Centre-du-Québec, Le Journal de Québec, 05.05.2015