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Le financement de la défense collective des droits est menacé

Le 18 septembre, des organismes en défense collective des droits de plusieurs régions du Québec et leurs alliés manifestaient à Québec pour réclamer des engagements à long terme de la part du ministre Sam Hamad ainsi que les 40 millions $ supplémentaires dont ils ont besoin pour accomplir pleinement leur mission. Lors de cette manifestation, était déposée une pétition de plus de 11 600 signatures témoignant de l'appui de la population envers le travail et l'approche d'intervention collective indispensable à la démocratie et à la défense des droits sociaux pratiquée par ces quelque 300 organismes.

Les organismes en défense collective des droits mènent des luttes collectives dans plusieurs secteurs et interviennent sur une multitude de violations de droits : égalité entre les femmes et les hommes, droit au logement, droit à un revenu décent, droits des travailleuses et des travailleurs, droit à l'éducation, droits des personnes aînées, droit à la santé, droit à une société démocratique, non violente, non discriminatoire, droit à un environnement sain notamment. Par leur travail rigoureux d'analyse politique, d'éducation populaire, de mobilisation sociale et de représentation auprès des décideur-es, ces organismes ont révélé des problèmes sociaux et ont contribué à la mise en place de programmes ainsi qu'à l'amélioration de la législation québécoise dans plusieurs domaines.

À l'heure des politiques d'austérité, leur rôle est primordial, mais ils sont sous-financés et sont eux-mêmes victimes de l'austérité et menacés de coupures, s'inquiètent les groupes communautaires. Lorsque est venu le temps de renouveler leur subvention, le gouvernement a réduit de moitié la durée de leurs ententes. « Aujourd'hui, il ne reste plus que six mois avant l'échéance de nos ententes et nous n'avons aucun engagement du ministre », déplore Blanche Paradis, présidente du Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD). « Il est inacceptable que les organismes en défense collective des droits soient maintenus dans un climat d'incertitude quant aux intentions futures du gouvernement pour leur financement. D'autant plus que plus les droits sont attaqués, plus les besoins de les défendre sont grands, et plus le financement de nos organismes est nécessaire. »

Avec un financement moyen de 56 000 $ par année, les organismes de défense collective des droits sont parmi les organismes communautaires les moins bien financés au Québec. Selon madame Paradis, « ce sous-financement nuit à leurs actions à un moment où les écarts se creusent entre les riches et les pauvres, où le gouvernement coupe dans les programmes qui visent justement à redistribuer la richesse et où les dénis de justice se multiplient ». Afin de réaliser pleinement leur mission, les organismes de défense collective des droits demandent au gouvernement du Québec des engagements à long terme sur un minimum de trois ans ainsi qu'un rehaussement de leur financement de 40 millions $.

Le RODCD rassemble 22 regroupements nationaux, dont le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, et représente 320 organismes en défense collective des droits de partout au Québec. Sa mission est de revendiquer une plus grande reconnaissance et un meilleur financement des groupes en défense collective des droits.

Source : RODCD, 18.09.2015

Pages reliées :
Voir des photos de la manifestation du 18 septembre
Le 30 septembre, on bloque! Les groupes communautaires en ont assez de l’inaction du gouvernement, RÉPAC 03-12, 21.09.2015